• Source : Pennsylvania Department of Conservation and Natural Resources - Forestry Archive, Bugwood.org

  • Source : Christopher Asaro, Virginia Department of Forestry, Bugwood.org

  • Source : David Cappaert, Michigan State University, Bugwood.org

  • Source : Christopher Asaro, Virginia Department of Forestry, Bugwood.org

Qu’est-ce que l’agrile du frêne?

L’agrile du frêne est un insecte de l’ordre des coléoptères. Tout comme la coccinelle, sa première paire d’ailes est rigide. L’insecte adulte est de couleur bleu-vert métallique. Son abdomen, visible lorsque ses ailes sont déployées, est rouge cuivré clair. Il s’agit de la seule espèce d’agrile en Amérique du Nord dont l’abdomen est de cette couleur. L’agrile du frêne mesure entre 8,5 et 14 mm et il peut être observé le plus souvent à la cime des arbres et sur le feuillage entre la mi-mai et la fin juillet.

Agrile adulte<BR />Source : Pennsylvania Department of Conservation and Natural Resources - Forestry Archive, Bugwood.orgL’agrile pond ses œufs sur l’écorce des frênes entre juin et août. Sept à dix jours plus tard, les œufs éclosent et pénètrent sous l’écorce. Les larves se nourrissent de la partie vivante de l’arbre en creusant des galeries en forme de S. Située juste sous l’écorce, cette partie achemine la sève jusqu’aux feuilles. Les larves mettent un an ou deux pour compléter leur croissance. Les adultes ressortent de l’arbre en créant des trous en forme de « D » d’une taille de 3 à 4 mm. Ils se nourrissent alors des feuilles de frênes avant de pondre à leur tour des œufs, souvent sur le même arbre si celui-ci n’est pas trop ravagé.

Agrile adulte</br>Source : ACIAPour vous aider à identifier l'agrile du frêne et éviter de le confondre avec des insectes qui lui ressemblent, consultez cette page web.

L’agrile du frêne est originaire d’Asie. Sa présence en sol nord-américain a été confirmée pour la première fois en 2002, dans les régions de Détroit aux États-Unis et de Windsor en Ontario, après que des signes évidents d’infestation et de dépérissement des arbres y furent observés.

Au Québec, c’est à Carignan, en 2008, que l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a confirmé sa présence. Gatineau et Montréal ont suivi en 2011. Depuis, l’agrile du frêne a été observé dans plusieurs MRC.

Voir la carte de l’ACIA qui montre les zones où l’agrile a été détecté.

Lieux réglementés pour l’agrile du frêne au Canada</br>Source : ACIA

La cause la plus probable de la présence de l’insecte sur le continent aurait été son introduction par des navires marchands internationaux, comme « passager clandestin » dans des marchandises ou du bois d’emballage. L’agrile du frêne connaît une croissance effarante car d’une part, n’ayant pas coévolué avec l’insecte, les frênes nord-américains ont peu de défenses naturelles et d’autre part, il y a peu de prédateurs naturels. L’insecte est aussi bien adapté à notre climat. On estime que 100 millions de frênes auraient déjà été décimés par l’insecte (Donovan et al., 2013).

Propagation naturelle

L'agrile adulte, qui émerge habituellement entre mai et juillet, se propage de façon naturelle en volant. Il infestera d’abord l’arbre duquel il a émergé, puis les arbres à proximité. Des recherches ont démontré que l’insecte est capable de se déplacer sur une distance de plusieurs kilomètres (2 à 10 km).

Source : ACIA</br><a  data-cke-saved-href="http://www.inspection.gc.ca/DAM/DAM-plants-vegetaux/STAGING/text-texte/firewood_poster_1371312427978_fra.pdf" href="http://www.inspection.gc.ca/DAM/DAM-plants-vegetaux/STAGING/text-texte/firewood_poster_1371312427978_fra.pdf" target="_blank">Télécharger la version PDF</a> Propagation artificielle

Toutefois, le mode de propagation de l'insecte le plus à risque d’affecter de nouvelles régions demeure le déplacement par l’homme du bois de frêne potentiellement infesté, de même que du bois de chauffage et d’autres matériaux (ex. branches, arbres de pépinières). Il est donc important de respecter les directives émises par l’ACIA.

Apprenez-en davantage sur les répercussions du déplacement du bois de chauffage.

L’agrile du frêne commence à s’attaquer aux arbres le plus souvent à partir de leur cime en descendant vers le bas du tronc. Après un certain temps, les traces du ravageur deviennent perceptibles : les signes sont des dommages physiques sur l’arbre causés par l’agrile alors que les symptômes sont des réactions de l’arbre à l’attaque du ravageur.

Lorsque les signes et symptômes sont bien visibles, c’est que l’arbre est déjà infesté depuis 2 à 3 ans. Lorsqu’ils sont visibles au niveau du tronc de l’arbre, l’état d’infestation est très avancé et il est possiblement trop tard pour le protéger à l’aide de traitements.

Il est important de noter que d’autres ravageurs et certaines conditions climatiques (froid, sécheresse, etc.) peuvent entraîner des signes et symptômes similaires. Il est donc recommandé de consulter un spécialiste en cas de doute afin de confirmer la présence de l’agrile du frêne.

 

Principaux signes d’infestation

  • Galeries larvaires en forme de « S » juste sous l’écorce.
  • Trous de sortie en forme de « D ». Les trous percés par l’agrile mesurent environ 4 mm de diamètre.
  • Encoches d’alimentation sur le feuillage. Les feuilles semblent être grugées par des insectes. L’agrile adulte se nourrit des feuilles de frênes en y taillant des formes concaves arrondies au pourtour.

 

Galeries larvaires</br>Source : David Cappaert, Michigan State University, Bugwood.org

 

 

 

 

 

 

Trous de sortie</br>Source : Pennsylvania Department of Conservation and Natural Resources - Forestry Archive, Bugwood.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Agrile adulte et encoches d’alimentation</br>Source : Debbie Miller, USDA Forest Service, Bugwood.org

 

 

 

 

 

 

 

 

Autres signes d’infestation

  • Trous de pics ou enlèvement de l’écorce par les écureuils. Ces animaux se nourrissent des insectes présents sous l’écorce, mais cela ne veut pas dire qu’il s’agit de l’agrile.
  • Présence de la cochenille virgule du pommier. Puisque cet insecte s’attaque aux arbres stressés, elle peut être un signe que le frêne est attaqué.
  • Présence de scolytes. Ces insectes s’attaquent à des arbres affaiblis ou dépérissant. Un des scolytes observés en Montérégie forme sous l’écorce des galeries verticales cordées surmontée d’une galerie horizontale. 

 

Galeries de scolytes</br>Source : James Solomon, USDA Forest Service, Bugwood.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trou caractéristique en D de l’agrile (à gauche) et trou élargi par un pic (à droite)</br>Source : David Cappaert, Michigan State University, Bugwood.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Principaux symptômes d'infestation

  • Jaunissement prématuré du feuillage, mortalité de branches et éclaircissement de la cime.
  • Présence de gourmands (croissance de nouvelles pousses adventives sur le tronc et les branches).
  • Fendillement, fissures et décollement de l’écorce (déformations).
  • Surabondance de samares. Un arbre stressé produira beaucoup plus de fruits, donc de graines, qu’à l’habitude.

 

Éclaircissement de la cime</br>Source : Ville de Montréal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présence de gourmands</br>Source : Pennsylvania Department of Conservation and Natural Resources - Forestry Archive, Bugwood.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Écorce fendue laissant voir des galeries</br>Source : Pennsylvania Department of Conservation and Natural Resources - Forestry Archive, Bugwood.org

L’insecte adulte peut être observé à la cime des arbres et sur le feuillage des frênes les plus exposés au soleil entre la mi-mai et la fin juillet, durant la période d’accouplement. L’agrile se nourrit du feuillage des frênes, mais les dommages causés par l’insecte adulte sont sans incidence réelle sur la santé des arbres.

Il est toutefois difficile d’identifier avec certitude les signes d’infestation d’un arbre par l’agrile dans un frêne à partir du sol par observation visuelle uniquement. Il est notamment important de ne pas soulever l’écorce d’un arbre en santé. Pour cette raison, il est préférable de confier cette tâche à un expert qualifié, tel qu’un ingénieur forestier, un biologiste, un élagueur ou un arboriculteur. Si vous ne connaissez pas déjà un spécialiste des arbres, vous trouverez une liste d’experts sur le site Internet de la Société internationale d’arboriculture ou sur le site Internet du CQEEE.

Si vous observez des signes d’infestation sur vos frênes (galeries en « S » visibles derrière l’écorce fissurée, trous en « D », etc.) ou si vous capturez l’agrile du frêne (adulte, larve ou nymphe), communiquez sans délai avec votre municipalité.

Vous pouvez par ailleurs consulter les deux guides suivants, publiés par Ressources naturelles Canada qui, à l’aide de nombreuses illustrations, sauront vous guider :

Lorsque les signes et symptômes visuels sont apparents, il est souvent trop tard pour sauvegarder l’arbre infesté. Le simple examen visuel des arbres est donc insuffisant pour détecter la présence de l’agrile du frêne. Par ailleurs, des techniques de dépistage précoce efficaces existent et permettent de détecter le ravageur très tôt. Il s’agit du piégeage et de l’écorçage de branches. Voir la fiche technique (  ) de Ressources naturelles du Canada et consulter la section détection et dépistage sur le site du CQEEE.