• Source : Pennsylvania Department of Conservation and Natural Resources - Forestry Archive, Bugwood.org

  • Source : Christopher Asaro, Virginia Department of Forestry, Bugwood.org

  • Source : David Cappaert, Michigan State University, Bugwood.org

  • Source : Christopher Asaro, Virginia Department of Forestry, Bugwood.org

Que puis-je faire?

La première étape consiste à vérifier si vous avez des frênes sur votre terrain. La section « Avez-vous un frêne? » vous aidera à bien les identifier.

Il vous est ensuite suggéré de les inscrire sur le site de Géo-Frêne. Les données partagées sur ce site nous aideront à cartographier les frênes privés, à faire le suivi et la gestion de l’infestation de l’agrile du frêne et à assurer la mise en place d’une stratégie efficace pour le combattre. Invitez vos voisins à faire de même!

Plusieurs options de contrôle s’offrent à vous pour la gestion de vos frênes, selon les symptômes observés.

Un tableau récapitulatif vous est présenté dans la prochaine section pour vous aider à prendre une décision éclairée.

Surveiller : faire le suivi de vos arbres

Après avoir identifié vos frênes, vérifiez leur état de santé et les possibles signes et symptômes de la présence de l’agrile. N’hésitez pas à consulter un spécialiste (arboriculteur) en cas de doute.

Plusieurs options de contrôle s’offrent à vous pour la gestion de vos frênes, selon leur degré de d’infestation. Un tableau récapitulatif vous est présenté dans la prochaine section pour vous aider à prendre une décision éclairée.

Traiter avec un pesticide à base végétale

Les frênes peuvent être traités préventivement contre l’agrile du frêne à condition que l’infestation de l’arbre n’en soit qu’à ses débuts, c’est-à-dire si aucun signe ou peu de symptômes sont  visibles, par exemple si la cime de l’arbre est dégarnie à moins de 30% de sa surface.

Le TreeAzin, un produit homologué au Canada pour traiter les arbres contre l’agrile du frêne, a été développé par Ressources naturelles Canada et la compagnie BioForest. Il est fabriqué à partir d’une substance répulsive produite naturellement par un arbre exotique, le margousier.

Les traitements au TreeAzin sont susceptibles de maintenir les frênes sains pendant des périodes prolongées, et ce, à un coût équivalent ou inférieur à l’abattage et au remplacement d’un arbre.

L’efficacité du traitement est optimale lorsque l’arbre est peu ou pas affecté. Les traitements devront se faire entre le mois de juin et la fin du mois d’août – l’idéal étant de traiter en début de saison. Le traitement au TreeAzin devra être répété aux deux ans. Dans des circonstances de grande infestation, il sera indiqué de traiter deux années de suite à certains moments (information technique de Bioforest).

L’application du TreeAzin ne peut être effectuée que par un arboriculteur ayant une certification de la compagnie Bioforest.  Le pesticide à base végétale ne se retrouve donc pas en vente libre.

 

Frênes traités au TreeAzin</br>Source : BioForest Technologies Inc.

 

 

 

 

 

 

 

Voir : La liste des arboriculteurs certifiés pour appliquer le traitement au TreeAzin.

Traiter un frêne sur une longue période permet de :

  • Conserver l’arbre et ses services écologiques.
  • Planter un nouvel arbre et lui donner le temps de pousser et, dans une certaine mesure, laisser passer le pic d’infestation du ravageur ainsi que le temps à la recherche de développer de nouvelles pistes de solutions

Malheureusement, certains frênes ne pourront être sauvés. Il est important de planifier l’abattage de l’arbre si le traitement n'est pas souhaité ou s’il est exclu.

Abattre et remplacer

Si vous avez un frêne infesté et que les signes sont visibles, vous pouvez abattre votre arbre entre le 1er octobre et le 15 mars. À l’extérieur de cette période, les insectes sont présents au stade adulte et peuvent ainsi facilement se propager, notamment par le déplacement du bois de frêne infesté, ce qui risque d’engendrer de nouveaux foyers d’infestation.

Informez-vous auprès de votre municipalité concernant l’abattage de vos frênes, car vous pourriez avoir besoin d’un permis pour procéder. Chaque propriétaire est responsable de l'entretien et de l'abattage des arbres situés sur sa propriété. Le remplacement d’un arbre devra aussi être assumé par le propriétaire, à moins que votre municipalité locale n’ait mis en place un programme de subvention pour ce faire.

Un arbre mort est un arbre dangereux!

Il  constitue un problème de sécurité publique, soit par le risque de chute de branches ou par son affaissement complet. De plus, un arbre mort coûte plus cher à abattre qu’un arbre vivant. Le risque de chute de branches est important et doit être considéré, tout comme la menace au réseau hydroélectrique et de télécommunication. Son abattage préventif permettra également d’éviter les situations d’urgence. La crise du verglas est un exemple éloquent.

Que faire des résidus de bois ?

Voici quelques conseils qui aideront à limiter la propagation du ravageur : 

  • Abattre les frênes infestés lors de la période suivante : 1er octobre au 15 mars, sauf dans des cas particuliers posant des problèmes de sécurité publique. Contactez votre municipalité avant tout abattage.
  • Éviter de mettre les branches de frêne dans la collecte des ordures ménagères. Suivez les consignes de votre municipalité ou veillez à les faire broyer en copeaux (plus petits que 2,5 cm x 2,5 cm).

Ne pas déplacer de bois potentiellement infesté hors de la zone réglementée par l'ACIA.

Vous hésitez à savoir si vous devez traiter ou faire abattre votre arbre? Un calcul des coûts et une évaluation de l’état de vos frênes vous aideront à prendre la bonne décision.

Calculateur de coûts

L’outil développé par Ressources naturelles Canada vous permettra d’évaluer les coûts associés au traitement de vos frênes ou à leur abattage et, si souhaité, à leur remplacement.

Outil d’aide à la décision

Le tableau suivant résume les actions que vous pouvez prendre en fonction de l’état de dépérissement de votre frêne. N’hésitez pas à consulter un expert en cas de doute.

Degré de
dépérissement

des branches

État de santé de mon frêne

Mes options

0 %

Aucun signe ou symptôme n’est visible sur l’arbre 

  • Je surveille mon arbre et je m’informe de la progression du ravageur dans la MRC de Vaudreuil-Soulanges.
     
  • Je peux traiter mon frêne de façon préventive. Voir la liste des arboriculteurs certifiés pour appliquer le traitement au TreeAzin.
    • Le traitement se fait entre le début du mois de juin et la fin du mois d’août, mais idéalement le plus tôt possible.
    • Le traitement est à répéter tous les deux ans.
    • Coût : entre 4,5 et 7 $/cm de diamètre à la hauteur de la poitrine (DHP).
  • Je plante une autre essence d’arbre (voir la réglementation applicable dans votre municipalité).

10 à 20 %

Légers signes d’infestation

  • J’informe ma municipalité.
     
  • Je peux traiter mon frêne. Voir la liste des arboriculteurs certifiés pour appliquer le traitement au TreeAzin.
    • Le traitement se fait entre le début du mois de juin et la fin du mois d’août, mais idéalement le plus tôt possible.
    • Le traitement est à répéter tous les deux ans.
    • Coût : entre 5 et 7 $/cm de diamètre à la hauteur de la poitrine (DHP).
  • Je plante une autre essence d’arbre (voir la réglementation applicable dans votre municipalité).

20 % et plus

Signes évidents d’infestation :

  • Trous en « D »
  • Galeries en « S » lors de l’écorçage
  • Présence de gourmands
  • J’informe ma municipalité.
     
  • Je fais abattre mon frêne entre le mois d’octobre et la mi-mars, en prenant soin de documenter (rapport et photos).
     
  • Je m’assure que les résidus de bois infesté sont disposés selon les directives de ma municipalité
     
  • Je plante une autre essence d’arbre (voir la réglementation applicable dans votre municipalité).

 

Que ce soit pour l’abattage ou le traitement de vos arbres, il est important de faire appel à des professionnels qualifiés. Vous trouverez une liste d’experts à consulter dans le répertoire des fournisseurs de services du CQEEE.

Évitez de planter des frênes sur votre propriété. La plantation de frênes est interdite dans certaines municipalités. Dans tous les cas, elle n’est pas encouragée, puisqu’aucune variété de frêne résistant à l’agrile du frêne n’est actuellement disponible.

Diversifiez les essences d’arbres, d’arbustes et de plantes vivaces plantées sur votre terrain. Pour favoriser la biodiversité, il est recommandé d’aménager un espace en n’utilisant jamais plus de 30 % de plantes ou d’arbres provenant de la même famille, 20 % de plantes ou d’arbres provenant du même genre et 10 % de plantes ou d’arbres provenant de la même espèce. Une grande diversité des espèces plantées procurera une plus grande résilience des forêts urbaines aux insectes et aux maladies (qu’ils viennent d’ici ou d’ailleurs).

Les espèces d’arbres indigènes, c’est-à-dire celles poussant naturellement dans nos régions, sont également à privilégier. Elles sont généralement bien adaptées à nos conditions climatiques tout en ayant un effet positif sur le maintien de la biodiversité. Cultiver des arbres indigènes, plutôt qu’exotiques, est aussi un bon moyen de réduire les risques d’introduction d’espèces potentiellement envahissantes.

Choisir le bon arbre au bon endroit

Un autre principe général extrêmement important à considérer avant de planter un arbre est de bien connaître les conditions environnantes où il prendra racine. Autrement dit, il faudra « choisir le bon arbre au bon endroit ». Chaque espèce est différente et a donc ses propres exigences de croissance. Bien connaître le site de plantation et s’informer au sujet des besoins de chaque espèce assurera un choix judicieux et évitera les problèmes au cours de la vie de l’arbre (insectes et maladies, stress de sécheresse, problème de croissance).

Vérifier auprès de votre municipalité locale les essences d’arbres permises selon la réglementation municipale en vigueur.

Les arbres recommandés par le CQEEE ont été sélectionnés pour leur bonne résistance aux conditions urbaines, en plus d’être non envahissants. Cette liste est non exhaustive et plusieurs autres essences d’arbres pourraient être considérées.

Choisissez avant tout une espèce adaptée à votre terrain et à vos goûts personnels!

En identifiant leurs frênes, en les localisant sur l’application Géo-Frêne, en les surveillant de près et en informant la Municipalité de leur état, les citoyens peuvent contribuer à mieux suivre l’infestation à l’échelle de la collectivité. Il devient alors plus facile, tant pour la Municipalité que pour les résidents, de planifier des actions de contrôle du ravageur plus efficaces. Un travail de collaboration entre le domaine public et le domaine privé est sans contredit avantageux.

Rares sont les Municipalités qui ont la capacité de réaliser des inventaires sur le domaine privé. Certaines travaillent ainsi en collaboration avec des comités citoyens pour réaliser l’inventaire des frênes du domaine privé. Un portrait global des frênes sur un territoire facilite le suivi de l’infestation et la mise en œuvre d’une stratégie (Slow Ash MortalitySLAM) qui permet de ralentir la mortalité des frênes dans le but de conserver une part  d’entre eux, de gagner du temps pour reboiser et d’étaler les coûts d’abattage.

Pour un propriétaire, développer une stratégie signifie planifier, idéalement avant l’arrivée du ravageur, un nombre d’actions à échelonner sur une période de temps, dont par exemple :

  1. Évaluer la santé de ses arbres et choisir de les traiter ou non.
  2. Abattre ses frênes en voie de dépérissement.
  3. Planifier le réaménagement de son paysage, en incluant une ou de nouvelles essences d’arbres.
  4. Élaborer une stratégie de remplacement des frênes à abattre ou abattus. Planifier les travaux sur plusieurs années.
  5. Contacter des experts (traitement, abattage, paysage).
  6. Faire des prévisions budgétaires en comparant différents scénarios de gestion.